Lettre d'opinion
Publiée le 30 mai 2025
Les îlots Sussex : un cadre dynamique pour une rue empreinte de dignité
Le présent article est rédigé en réponse à la chronique intitulée « Sussex Drive deserves better from the NCC » (Ottawa Citizen, le 27 mai 2025).
La Commission de la capitale nationale (CCN) actualise présentement le Plan du secteur du cœur de la capitale de 2005, un document de planification stratégique destiné à orienter l’évolution du secteur de 9 km2 situé au cœur de la capitale nationale pour les décennies à venir. Les trois grands changements proposés, soit la mise en valeur de l’eau, la création de lieux d’intérêt et l’établissement de liens favorisant la mobilité, sont déjà présents dans les nouveaux projets de la CCN, comme la Maison riveraine de la CCN, la pointe Kìwekì et le pavillon de la plage Westboro, qui ouvrira bientôt ses portes.
Conformément à la directive du gouvernement du Canada, qui nous demande de contribuer à la résolution de la crise du logement, nous réexaminons également la manière dont les terrains de la CCN situés au cœur de la capitale peuvent être utilisés à des fins résidentielles, une approche qui présenterait en plus l’avantage d’accroître la population résidente et le dynamisme de nos quartiers du centre-ville. Par exemple, l’un de ces nombreux terrains, situé à deux coins de rue de la Société géographique royale du Canada et de l’ambassade de France, sur la promenade Sussex, est actuellement zoné dans notre plan de 2005 pour un usage institutionnel, l’intention étant d’y construire des bâtiments diplomatiques ou d’autres bâtiments publics.
Le personnel de la CCN propose plutôt que ces terrains soient pris en compte dans le plan révisé de 2025 pour accueillir une plus grande variété de bâtiments, notamment des logements, ainsi que des commerces et des magasins. En s’inspirant du quartier de conservation du patrimoine de New Edinburgh et en respectant le caractère solennel de notre parcours d’honneur, ces bâtiments, d’une hauteur maximale de cinq étages, pourraient servir à divers usages, notamment comme appartements résidentiels, maisons en rangée, bureaux et services de proximité, comme des cafés et des restaurants, s’intégrant ainsi au quartier et aux lieux de travail environnants. Notre proposition serait conforme au Plan officiel de la Ville d’Ottawa, qui autorise la construction de logements dans ces rues faisant partie du périmètre des quartiers particuliers du Parlement et du boulevard de la Confédération.
Fait intéressant, bien que les terrains en question soient aujourd’hui vacants, ils accueillaient encore à la fin des années 1960 des immeubles d’habitation, une caserne de pompiers, un hôtel et plusieurs commerces. Avec le recul, nous savons que la démolition de ces lieux, comme celle qui a eu lieu sur les plaines LeBreton, était une erreur qui a entraîné plusieurs décennies de terrains vacants, privant ainsi la capitale de logements, de dynamisme et de patrimoine bâti.
Dans le cadre de cette vision, la CCN a proposé, à titre hypothétique, des illustrations de nouveaux bâtiments et maisons en rangée conçus avec goût et, à la place du terrain
gazonné actuel, d’un jardin aménagé avec soin et d’allure formelle, qui seraient à la hauteur du caractère solennel et prestigieux de cet emplacement hautement symbolique. La vision du plan du cœur de la capitale n’est toutefois qu’une orientation. Pour concrétiser cette idée, un plan d’aménagement précis devra d’abord être élaboré, puis soumis à une consultation publique.
Dans un contexte marqué par une crise aiguë du logement, par des efforts concertés pour revitaliser nos centres-villes et par la nécessité de faire preuve d’audace dans la construction d’infrastructures indispensables à notre pays, le plan révisé du cœur de la capitale offre à la CCN une occasion unique de contribuer à l’intérêt public, tout en bâtissant une capitale à la fois belle, digne et inspirante pour l’ensemble de la population canadienne.
Alain Miguelez, vice-président, Aménagement de la capitale, Commission de la capitale nationale
Lisez cette lettre qui a été publiée dans le Ottawa Citizen (en anglais) vendredi le 30 mai 2025.